Diététique

Quand les enfants mangent beaucoup, pas assez, trop, presque rien,…

 

…Quelle angoisse ! Finalement peu importe ce qu’il mange, l’alimentation de l’enfant est rapidement une angoisse, souvent partagée par toute la famille. Entre les conseils de Tata Janine (ce petit mange trop), de la grand-mère (ce petit ne mange pas assez), de la voisine (il faut arrêter les produits laitiers, tous), de la télé (5 fruits et légumes par jour sinon c’est fichu), du pédiatre (2 càc de viande sinon c’est trop)… bref on ne sait plus où donner de la tête. Autour de moi, j’ai beaucoup d’enfants de moins de 7 ans et je me rends compte que nous avons tous eu quelques peurs face  à l’alimentation et pour des raisons différentes.

 

Mon enfant ne mange RIEN, il est DIFFICILE !

Non votre enfant ne mange pas RIEN, mais probablement peu. Un enfant ne se laisse pas mourir de faim, et on s’alarmera s’il perd du poids sur une durée définie et dans des proportions régulières. Une baisse de poids ou une stagnation peut vouloir aussi dire qu’il a fait un bon de croissance, qu’il a débuté la marche, qu’il a commencé un sport… Et puis il n’est pas difficile, il sait ce qu’il veut ou ne veut pas, nuance 🙂

Les enfants, dans leur grande majorité, et s’ils sont en bonne santé, savent très bien réguler leur appétit, une capacité qu’on perd en grandissant, avec la gourmandise, les habitudes du « fini ton assiette sinon tu ne sortiras pas de table » (à bannir) alors faites leur confiance. Un enfant ne se laisse pas mourir de faim de son plein gré, il va manger quand il aura faim, c’est juste que cela ne correspond pas forcément à nos standards ou à ce qu’on espère pour lui.  Souvent ils se rattrapent ensuite, mais attention, à vous alors de proposer un repas/encas équilibré à la suite ou de le prévenir que s’il ne mange pas à ce repas, ce n’est pas pour manger du sucre ou des chips 1h après ! On a tous une préférence pour le sucré et le salé, alors on ira plus volontiers vers ces goûts là, notamment si on grignote entre les repas. Au quotidien, c’est parfois compliqué à mettre en place, on se sent coupable et on n’a pas forcément envie de le voir « mourir de faim », on peut alors piocher dans l’article sur les goûters sains que je vous ai proposé.

J’aime pas les carottes ! Ah mais celles là j’aime bien…

(ou comment avoir tout et son contraire quand on a 4 ans)

Un enfant qui ne mange pas (déjà il mange surement quelque chose…) ou pas beaucoup, ou alors qui est « mono-diète », va changer en grandissant tant qu’on lui propose régulièrement de nombreux autres aliments. Votre fille ne veut manger que des pâtes ? Aucun souci, mais continuez à lui proposer régulièrement des haricots verts, une purée de carotte, des aubergines farcies, bref autant de plats qu’elle pourra d’un coup avoir envie de goûter (parce que son meilleur pote Robert adoooooore les carottes râpée, qui sait).

Source INPES

Mais pour ceux qui mangent trop ?

J’ai l’impression que c’est déjà plus rare avant l’adolescence. J’entends plus souvent parler de néophobie (tout ce qui est nouveau je ne le mange pas), d’enfants qui refusent de manger des fruits ou des légumes, d’enfants qui ont du mal avec les morceaux ou certaines textures (à graine comme les brocolis par exemple)… Mais un enfant qui mange trop est aussi source d’angoisse et à plus juste titre finalement puisqu’il prend des habitudes alimentaires qu’il va peut être conserver en grandissant. Manger trop est une chose, manger mal en est une autre. Manger trop en quantité est subjectif, l’enfant sait réguler son appétit, s’il mange une très grosse assiette de brocolis/poulet/pomme de terre, c’est peut-être qu’il est en pleine croissance, et souvent cela n’inquiète pas d’ailleurs !

Il a bon appétit le gaillard !

Par contre, s’il grignote beaucoup en dehors des repas, et que c’est par ailleurs un bon mangeur, il faut pouvoir garder un oeil dessus et surtout sur sa courbe de croissance dans le carnet de santé. En effet, une prise de poids cohérente et régulière n’est pas alarmante, mais une brusque prise de poids qui continue dans le temps doit alerter. Cela dit, lorsque vous consultez votre médecin, il saura certainement vous alerter sur le sujet.

Tant tous les cas, j’ai envie de vous dire de faire comme vous le sentez, vous connaissez votre enfant et son appétit, vous savez détecter lorsqu’il a un rapport différent avec la nourriture. Cela dit, certains enfants ont des blocages psychologiques avec la nourriture, liés à leur histoire, leur naissance, leur parent, et parfois un accompagnement est nécessaire.

5 conseils pour prendre avec le sourire le repas de son enfant :

  1. Présentez le repas joliment, ça peut paraître étonnant mais les enfants adorent lorsque c’est bien présenté tout comme nous. On peut jouer sur les formes, les couleurs, la jolie vaisselle…
  2. Faites-les participer à la réalisation du repas, un vrai plus quand on sait que « c’est moi qui l’ai fait ! ».
  3. Parler d’autres choses à table, on ne se focalise pas sur ce qu’il mange/ne mange pas. A table, on échange sur sa journée, sur ce qu’on va faire demain, sur plein d’autres choses.
  4. En règle générale, ne vous focalisez pas sur ce qu’il mange, cela ne fera qu’empirer son rapport à la nourriture. Plus on le regarde, moins il mangera !
  5. Oubliez les phrases toute faite « fort comme popeye », « la soupe ça fait grandir », « tu ne sors pas de table tant que tu n’as pas fini », « une dernière cuillère pour maman », « aller pour me faire plaisir »…C’est le forcer à manger, alors que son corps lui dit qu’il n’en veut plus/pas, c’est lui imposer de la nourriture alors qu’il sait ce qu’il lui faut (et même s’il réclame un yahourt après alors qu’il n’avait plus faim pour sa purée… on est pas un peu pareil nous les adultes ?)

N’oubliez pas que l’équilibre alimentaire ce fait sur plusieurs jours (20 jours même !) et que si un jour il a peu mangé, il s’est peut-être rattrapé le lendemain, restez objectif.

Ca se passe comment chez vous ? Petit mangeur, gros mangeur ? Et vous angoissé ou détaché ?

Previous Post Next Post

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Fabienne 30 août 2017 at 10 h 16 min

    Mouais …
     » Un enfant ne se laisse pas mourir de faim de son plein gré, »
    je ne suis pas d’accord …
    quand ma fille bébé mangeait une perle de lait au repas de midi et de 16h seulement , avec des tout petit bibs matin et soir et que ça courbe s’est cassée plusieurs fois … autant vous dire que si j’avais l’impression qu’elle allait mourir …
    L’anorexie du nourrisson ça existe
    et même si depuis j’ai pris beaucoup de recul sur l’alimentation (sur le reste je suis complètement d’accord avec vous, si ce n’est qu’un enfant n’a plus faim de légume mais veut un yahourt chez moi ça marche aussi du moment qu’elle a mangé un peu de tout), je reste persuadée que l’alimentation est un enjeu avec elle

    Mon deuxième dévore tout ce qu’on lui donne et se dépense

    • Reply Julie Happy Balance 4 septembre 2017 at 16 h 34 min

      Bonjour, je comprend tout à fait votre inquiétude, dans cet article je ne parle pas de pathologies particulières comme l’anorexie du nourrisson. C’est un fait assez rare et globalement les enfants rebondissent rapidement. Ma fille peut passer une journée sans manger quasiment, parfois cela m’inquiète mais au global de la semaine, elle mange. Est-ce qu’aujourd’hui elle mange mieux ? J’espère que vous avez été bien accompagné car effectivement cela est stressant pour les parents. Bonne journée

    Leave a Reply